La Ferme des concombres
© Stéphane Trapier

La Ferme des concombres

The Cucumber Farm


de Patrick Robine avec Patrick Robine mise en scène Jean-Michel Ribes
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durée 1h10

6 sept. - 1 nov., 20:30
salle Roland Topor

dimanche, 15:30
samedi 4 oct., 15:00
relâche les lundis


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[prolongations]> jusqu'au 2 novembre inclus

[changement d'horaire]> en raison de la programmation exceptionnelle de Microfictions le samedi 4 octobre (Nuit Blanche 2008), la représentation de La Ferme des concombres aura lieu à 15h au lieu de 20h30. 

À l’époque on trouvait du boulot partout. Certains en refusaient.
A-t-on idée de la quantité de pluie qui peut tomber dans le désert africain ? Grand voyageur devant l’Éternel, arpenteur inlassable de contrées imaginaires, affabulateur inépuisable et géomètre des sables mouvants, Patrick Robine a longuement étudié la question. La pluviométrie désertique est un phénomène qu’il a même expérimenté de très près en explorateur intrépide qui ne craint pas de payer de sa personne. Il a approché notamment le grand hippocampe terrestre de l’Atlas – et l’incarne. Il est recommandé de le croire sur parole car c’est un observateur exceptionnel et, mieux encore, un découvreur. Sans doute a-t-il eu de la chance. Encore enfant, ses parents l’ont embarqué dans un périple bien loin de nos régions tempérées, de Bamako à Woodstock, de Seattle au Mexique. Ils étaient à la recherche d’un lieu où s’installer définitivement et que son père appelait la ferme des concombres. Il leur fallut pour cela traverser des déserts arrosés de pluies si abondantes que des champignons poussaient partout jusque dans le creux des bosses des chameaux.

production Théâtre du Rond-Point

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Il y a 11h
 

- Alors, la Lise, ça fait un bail ! Depuis quand on n't'a pas vue ?
- La crise, mon p'tit Michel, la crise.
- À qui le dis-tu... M'enfin quand même, dans ta branche, ça se fait pas trop sentir, à ce qu'on dit ?
- C'qu'on dit, c'est une chose, c'qu'on vit, c'en est une autre. La culture, ça nourrit pas et les musées, ça coûte.
- Quand même les Jap', les richards du Golfe ? Et les Russes, on voit qu'eux !
- Oui oui ils se bousculent au bastingage, mais pour causer, c'est une autre paire de manches. Je m'ennuie, Michel, je m'ennuie !
- C'est pour ça que tu reviens, tiens : pour causer avec le Michel en bon français dans le texte !
- Eh eh, on ne peut rien te cacher.
- Tu vois, moi aussi j'm'ennuyais. Commençait à me manquer, ton accent !
- Dis-donc, je l'ai perdu, mon accent, tu pousses là !
- Teu teu, que tu crois, mais moi, j'ai l'oreille musicale et quand tu causes, ça chante, j'te dis.
- Sacré Michel, l'oreille musicale... on aura tout vu, toi qu'a fait le conservatoire avec Adamo dans un joukeboxe.
- C'est pas tout, mais qu'est-ce que je te sers, ma grande. Une p'tite mousse ?
- Allez... (bruit du flot sorti du bec, verre raclé à la spatule. Col blanc pour dame en noir)
- Attention, ma grande, tu t'es fait une moustache.
- Ah... la première gorgée de mousse... ben tu vois, mon Gérard, 500 ans de gloire, ça vaut pas un plaisir minuscule.
- Ah qui le dis-tu ! J'échangerais pas mon zinc contre tout l'or du Louvre.


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